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Les Nouvelles provinciales, d'Emmanuelle de Boysson
par Sarah Gandillot,Quatre vieilles copines se retrouvent à Mulhouse. Des quadras sympathiques aux problématiques très actuelles... "Les nouvelles provinciales", d'Emmanuelle de Boysson est un roman de filles. Gai et léger, il décrit avec humour les mœurs de la province. La parole aux lectrices de notre Club :
Maryvonne, 61 ans, institutrice honoraire, Charente-Maritimes
Une journaliste parisienne est envoyée en province par sa rédactrice en chef pour écrire un article dans le supplément touristique de son magazine.
Au hasard, elle choisit Mulhouse, mais c'est sans doute son inconscient qui a parlé car c'est justement dans cette région qu'elle a passé toute sa jeunesse.
Ce sera l'occasion de renouer avec ses "vieilles copines" et aussi de revoir l'opinion qu'elle avait de ses parents. Un retour aux sources en somme.
Le style est enlevé, gai, humoristique, le roman facile à lire. La ville de Mulhouse est particulièrement bien décrite.
J'ai apprécié la description des "moeurs" de la province par opposition avec la vie parisienne, avec en toile de fond l'éternel dilemme: vivre en ville ou à la campagne.
Les personnages sont un peu caricaturaux: des quadragénaires divorcées, pour la plupart, toujours en quête du grand amour mais qui n'osent pas "sauter le pas" de peur de perdre leur liberté.
En conclusion un roman léger, nostalgique et qui fait finalement plutôt l'apologie de la vie en province.
Marie, 39 ans, institurice, Nord-Pas de Calais
Un roman qui va donner la pêche à toutes les quadras et qui redynamise l'image de la provinciale ! Je l'ai dévoré en un week-end, tranquillement et égoïstement : un tête à tête sympathique avec les personnalités diverses et pleines de piquant de ces amies alsaciennes. Par son ton alerte et humoristique, Emmanuelle de Boysson nous entraîne au coeur de leurs vies, alternant habilement les narratrices et leurs points de vue. Tout au long de leurs retrouvailles, ces provinciales pratiquent l'autodérision et portent sur elles mêmes un regard bienveillant et salvateur. Engagées auprès de femmes clandestines, les "Brodeuses ", ainsi qu'elles se nomment, nous apparaissent bien plus actives, plus vivantes et plus authentiques que Diane et Philo, les parisiennes chics et snobs.
Engluées dans le protocole bourgeois de la capitale, les deux cousines découvrent auprès de leurs anciennes amies de lycée la fadeur et l'artifice de leurs existences de nanties. En lisant ce roman, j'ai senti jaillir en moi la fierté d'être une "quadra provinciale" et l'envie de vivre intensément chaque instant. Je qualifierais ce récit de "CARPE DIEM" féminin et moderne!
Marie-Hélène , 33 ans, Sarcelles, Historienne d’Art
Quatre portraits principaux de quadragénaires au passé commun mais aux choix de vie différents, sont brossés par l’auteur sur un ton léger qui rend la lecture agréable. Chacune des héroïnes a des préjugés sur les autres. Cependant, en un trimestre, l’entraide face aux désillusions les rapproche pour permettre à chacune de prendre un nouvel envol.
J’ai aimé l’emploi de l’expression de « migratrices des temps modernes » (p. 281) dont les broderies de cigognes en plein vol offertes à chacune de ces Alsaciennes sont un clin d’œil. C’est la mère de l’une d’entre elles, qui semble avoir tissé des liens plus étroits avec les autres du groupe de copines de lycée, qui leur a offertes. Lors de son décès, elle confia à l’une d’entre elles, demandant qu’elle la fasse circuler, sans indiquer l’origine, une réplique d’une chemise de nuit du temps ancien, qu’elle a réalisée également, symbolisant le pouvoir du partage de la quête de l’authenticité, pour permettre de mieux rebondir.
Caroline, 22 ans, comptable, Champagne-Ardennes
Le titre du livre ainsi que l'illustration de la couverture laisse deviner un bon moment de détente. L'histoire au vu du résumé semble confirmer ma première impression. On y découvre le personnage de Diane, mulhousienne de souche partie s'installer dans la capitale avec sa cousine Philo. Plusieurs années s'écoulent, Diane journaliste très parisienne veut retourner dans sa ville natale, Mulhouse afin d'y rédiger un article pour son journal. Cette dernière apréhende alors son retour au millieu de son ancien groupe d'amies qu'elle n'avait pas revues depuis son départ. L'histoire semble alors assez marrante. Au fil de l'histoire pourtant j'ai ressentie l'inverse, une intrigue qui s'éternise et une tournure assez prévisible dans l'ensemble. Le dénouement nous laisse sur notre faim. Dans l'ensemble j'ai trouvé que ce roman manquait de rythme. Je m'attendais à une trame plus comique. Les illusions du départ se perdent pour laisser au final une impression de déception.


