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Fais-moi oublier, de Brigitte Kernel
par Sarah Gandillot, Marianne Cruciani,Les lectrices de notre club ont passé au crible le roman de Brigitte Kernel, notre chroniqueuse littéraire... Pour une fois, c'est d'elle dont on fait la critique, et non l'inverse ! Alors, nos lectrices ont-elles aimé son style, son rythme, son imaginaire ? Réponses... juste ici !
Carinne Brossard, 36 ans, conseillère en formation, Poitou Charentes
Dans cet ouvrage, Brigitte Kernel traite avec beaucoup de pudeur de la mort et du difficile travail de deuil après la perte d’un être aimé. A travers l’histoire de quatre amis et la disparition de l’un d’entre eux, l’auteur explore l’univers obscur de l’absence, de la souffrance, de la culpabilité d’être vivant et des blessures anciennes jamais cicatrisées. Mais le sujet de la mort tout long du roman devient prétexte à l’évocation d’autres sujets : l’amour, l’amitié, l’homosexualité, le désir, l’actualité parfois tragique de notre temps. Peu de larmes et de cris, mais une violence intérieure profonde, introspective. Peut-être aura-t-elle raison de la force qui nous permet de faire le deuil et de vivre sans l’autre. Cet ouvrage fait écho en chacun de nous à la peur viscérale de la solitude, de la perte de l’autre, mais aussi de soi.
Caroline, 28 ans, Juriste, Reims
Fais-moi oublier est un roman à l’écriture fluide et déliée qui se dévore très vite. Le style incisif et direct de l’auteur Brigitte Kernel peut dérouter au début, ainsi il n’y aucun dialogues dans ce roman mais on est rapidement séduit par l’intrigue a priori classique d’un traditionnel triangle amoureux à la différence majeure cependant qu’est évoqué ici le désir entre deux femmes.
La narratrice mariée et a fortiori hétérosexuelle va être attirée par sa meilleure amie lesbienne qui vient de perdre sa compagne de façon tragique.
L’auteur met ainsi en scène deux grands tabous de notre société : le difficile travail de deuil après la perte d’un être cher et le désir amoureux qui peut s'instaurer entre deux femmes jusqu'au passage à l'acte.
On s'attache très vite à cette histoire et à ses héroïnes si ordinaires, il s'agit d'un roman très actuel. Le fait d’illustrer le moment où leur vie bascule par une éclipse de soleil est une jolie trouvaille littéraire.
On peut cependant regretter le dénouement très brutal qui laisse un peu le lecteur sur sa faim le faisant regretter que ce roman ne fasse pas cent pages de plus.
Je ne connaissais pas cet auteur mais je le recommande vivement.
Sophie, 34 ans, prof d’allemand, Saint Maur des Fossés
J'ai été fort déçue par ce livre dont le début semblait prometteur… Une héroïne passionnée, une tragédie, un deuil… Mais au fil de ma lecture, je devinais les pensées de chaque personnage et le parcours qu'ils allaient suivre. On pouvait se douter facilement que les 2 héröines amies allaient s'aimer un jour ou l'autre.
J'ai été choquée par la fin où les deux personnages féminins sont à deux doigts de tomber dans le péché de chair. Les scènes sont trop crues.
Bien sûr, il y a de l'émotion dans ce livre mais l'histoire reste cantonnée aux errements et aux égarements sentimentaux des personnages. On en reste aux "je t'aime moi non plus. on ne doit pas s'aimer, c'est défendu". C'est lassant, on voudrait un peu plus de péripéties, d'actions. Je n'ai ressenti aucune passion , aucune ardeur , aucun intérêt majeur à finir à tout prix ce roman. Désolée !
Monique, 49 ans, mère au foyer, Les Murets.
Brigitte Kernel a écrit un roman doux, tendre et triste à la fois. On se laisse rapidement bercer par l' héroïne qui parle à la première personne, dans cette ambiance protectrice et feutrée, cette intimité féminine et cette sensualité à fleur de page. Le trio principal évolue dans un milieu intellectuel et protégé et on a l'impression au début du livre, après l' évènement qui va tout déclencher, qu' ils en font vraiment trop. Ils ont simplement une sensibilité excessive. Par de petites phrases courtes et très ponctuées, l'auteur nous amène vers la fin de l' histoire, inconsciemment attendue, puisque tout au long du roman on se demande comment les personnages vont sortir de cette situation. Certainement pas indemnes de toute façon...
Nathalie, 36 ans, traductrice, Lyon
C'est une histoire très actuelle, contemporaine dans laquelle Brigitte Kernel nous plonge avec brio.
On lit vite, avides de connaître la suite de l'histoire.
Ce roman nous confronte à des situations et des sentiments que chacun a plus ou moins vécu ou ressenti dans sa vie (perte d'un proche, travail du deuil, amour, sentiment de culpabilité....).
Plus on avance dans le récit et plus les différents personnages s'éloignent jusqu'à disparaître pour laisser la place aux deux principaux protagonistes de l'histoire : la narratrice et Léa.
Beaucoup d'émotion dans cette lecture.
J'ai simplement regretté que les dialogues ne soient pas plus "marqués" dans le texte et les évènements de la fin étaient un peu trop prévisibles à mon goût....
C'était vraiment un livre "plaisir" (ce que j'appelle "livre de plage" sans être péjoratif du tout) que l'on dévore en peu de temps et sans difficulté et que j'ai bien apprécié.


